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LE VEURDRE: Le pont du Veurdre
LE VEURDRE: Le pont du Veurdre

LE VEURDRE: Le pont du Veurdre

LE VEURDRE: Le pont du Veurdre

LIEU DE MÉMOIRE

BATAILLE DU PONT DU VEURDRE

18 JUIN 194

TEXTE DE LA PLAQUE

Devant l’avancée des troupes allemandes qui avaient franchi la Loire, le Capitaine Paul BASTIANI, des sapeurs pompiers de Paris, Saint-Cyrien, après avoir quitté son régiment, se présente au commandant d’armes de Moulins, le Colonel François d’Humières; celui ci lui demande de réunir en 24 heures une unité pour défendre le Pont du Veurdre;

Le Capitaine BASTIANI réunit une quarantaine d’hommes qu’il installe autour du Pont du Veurdre avec l’aide du Lieutenant LEGRIS;

Un canon de 75 est placé dans l’allée du château de la Baume et les soldat dissimulés dans les buissons et les arbre, armés de fusils mitrailleurs 24-29 et de mousquetons, sont installés autour du pont.

Leur mission était de retarder l’avancée de la colonne allemande (1500 hommes).

Lorsque les premiers camions allemands entrèrent sur le pont, dans le milieu de la matinée du 18 juin 1940, ils furent fauchés par le tir précis du canon de 75.

Les Allemands organisèrent leur défense côté Nièvre et ripostèrent. Le Veurdre fut pris sous un tir de barrage, plus de 2500 obus de gros et moyen calibre tombèrent sur le bourg et son environnement.

Vers 14 h 30, les Allemands tentèrent une deuxième fois de franchir le pont sans succès. Il y eut des pertes humaines des deux cotés.

Devant cette résistance, les motocyclistes allemands font demi tour, longeant la rivière Allier et la traverse en amont et en aval sur leurs motocyclettes munis de flotteurs.

Ils prennent à revers nos soldats français et c’est au cours de cette troisième attaque que le Capitaine BASTIANI fut tué par un tir direct, puis ce fut le Lieutenant LEGRIS, le Caporal LE BOUIDEC, les Soldats BICHOT, HELLIO et MALLARD.

Le Sergent Chef MONESTIER résista encore une heure et demi perché dans un arbre d’où il tua seul 18 assailants, puis se donna la mort. Quelques soladats purent s’enfuir, les autres furent faits prisonnier.

Lorsque les Allemands entrèrent dans Le Veurdre, ils rendirent hommage à nos héroïques défenseurs du pont; un des officiers déclara : « Français trop braves »

Cette bataille eut lieu le lendemain de la demande d’armistice et quelques heures avant l’Appel du Général DE GAULLE.

Nos héros sont enterrés dans le carré militaire du cimetière du Veurdre et leurs tombes sont entretenues et fleuries par le « Souvenir Français »

La ligne de démarcation a été instaurée côté Nièvre, laissant Le Veurdre en zone libre et Livry, côté Nièvre, en zone occupée.

L’organisation d’un réseau de résistance prit immédiatement naissance sur les trois communes voisines de Le Veurdre, Château sur Allier et Livry

Chaque année nous nous rassemblons sur ce lieu, le dimanche qui suit le 18 juin, pour ne pas oublier l’acte de courage et de bravoure de nos sept héros.

RÉCIT

BOMBARDEMENT DU 18 JUIN 1940

Extrait du récit de Christophe BOUILLER

Agé de 14 ans à l’époque

Il y avait près de trois semaines que nous étions arrivés au Veurdre, avec ma grand-mère Mélie, ma tante Ninie, des amis, ma cousine Simone que je ne quittais jamais, madame et monsieur NANTY avec leur canari, leur belle-fille Anna et leur petit fils Claude, nouveau né.

Tout ce monde était parti qui de Maison Alfort, qui de Vigneux/Seine, dan des voitures poussives et chargées sur les ailes et le toit, de bagages hétéroclites; le reste des familles devant suivre et nous retrouver dans ce charmant village bourbonnais avec les moyens qui resteraient alors pour voyager.

Ils étaient à vélo, avec sur les portes bagages des sacs, des caisses et mes deux chattes Bouboule et Misette dans leur panier. En fait, ils n’avaient pu monter leurs vélos et avaient été obligé de marcher en les poussant à pied depuis Paris, au milieu de tous les réfugiés fuyant le nord ou la capitale et en essuyant les bombardements et tirs en piqué des avions italiens. Ils avaient couchés ou ils pouvaient, dans des fossés, dans des marchés couverts, dans des écoles, avaient traversé la Loire sur des ponts minés qui avaient explosés, dieu merci seulement après leur passage ! Ils étaient sales et dépenaillés quand nous les avons vu arriver par la route de Lurcy Lévis ce matin du 12 juin.

Nous avions par la TSF des informations (souvent menteuses) sur ce qui se passait au sujet de l’avance des troupes allemandes et de la débâcle de l’armée française.

Chaque jour nous voyions passer par le village de malheureux soldats en déroute, affamés, dépenaillés, désemparés, chaussés de savates, blessés, essayant de retrouver leur commandement, leurs chefs ou leur unité. Nous les réconfortions tant bien que mal, leur donnions à manger, et ils repartaient plus loin … ils ne savaient trop où …

Cela serrait le cœur, mais nous ne pouvions encore imaginer ce qui allait nous arriver;

Ce matin du 18 juin 1940, nous venions de quitter l’immense table du petit déjeuner dans le garage Charollais, quand des coups sourds d’un bombardement proche nous parviennent.

Il n’y a pas d’avions dans le ciel. Chacun s’interroge. D’où cela vient il ?

Quelqu’un dans la rue nous crie : « Les allemands arrivent de Saint Pierre le Moûtier. Ils sont au pont du Veurdre. Ils ont des canons sur la colline de Riousse et les soldats français qui gardent le pont ont mis leur batterie en action. Allez aux abris, ça va barder ! » Des abris, mais où ? il n’y en a pas ici …

Nous nous attendons à ce que le pont du Veurdre saute car nous savions qu’il avait été miné par les Français.

En fait les détonations et les tirs de fusils mitrailleurs s’intensifient. Un énorme vacarme vient de se faire entendre.

À ce moment, dans un gros nuage de plâtre, de poussières et de fumée, nous apercevons le plafond de la salle que nous venons de quitter, qui s’effondre, les portes qui éclatent, les vitres qui explosent.

Nous avons perdu la notion du temps. Voilà plus d’une heure et demie que cela dure, et que nous nous demandons si la prochaine minute ne sera pas la dernière.

Pourtant, les coups de canons semblent s’espacer. Un dernier obus explose avec une vive flamme devant la maison dans la rue principale.

On entend des bruits de bottes écrasant sous leur passage les gravats et les vitres brisés. Voici des chenillettes et des tanks qui arrivent. Les soldats aux aguets braquent leurs fusils mitraillettes à droite et à gauche. Nous les voyons en nous cachant nous mêmes car nous ignorons leurs intentions. trois vienne d’entrer dans la maison; nous nous sommes retranchés dans la cuisine et nous continuons à les regarder par la fente de la porte que nous avons calée pour qu’elle ne tape pas et qu’elle décèle notre présence. Je suis monté sur une jarre en grès et raconte à voix basse ce que je vois.

Dans le couloir les voix gutturales se sont éloignées. Les soldats sont sortis de la maison. La croyant vide sans doute. Nous reprenons notre souffle et attendons encore quelques temps, toujours serrés dans la cuisine dont le plafond et les murs ont tenus le coup. Une voisine apparait alors en nous disant qu’il n’y a plus de danger et que nous pouvons sortir.

C’est alors qu’arrivent quatre soldats allemands l’air plus épuisé que menaçant, demandant de l’eau. Monsieur N. leur apporte un seau.Ils s’aspergent la tête, le visage, boivent et repartent sans un mot … Ouf !! Le village a été très abimé par les tirs d’artillerie et malheureusement la poignée de soldat français, presque tous pompiers de Paris, qui défendaient le pont héroïquement ont péri. Le clocher du village est à moitié démoli.

Vers midi le tambour de la ville vient proclamer cet avis: « Par ordre des autorités allemandes, les débris et gravas encombrant les rues doivent être enlevés et les voie d’accès au village, nettoyés pour permettre aux troupes de passer. cet ordre doit être exécuté sans délais sous peine d’être fusillé »

Alors les pelles, les balais, les brouettes sont sorties de partout. Les hommes et les femmes ont surement travaillés à ce nettoyage plus vite que jamais ils ne l’avaient fait dans toute leur vie.

Deux heurs après, la horde des allemands continuait son inexorable avancée dans une rue principale aussi nette que possible.

L’occupation du Bourbonnais avait commencée !

Ce 18 juin, pourtant, le Général de Gaulle lançait son fameux appel à la résistance, mais ça nous ne le savions pas encore.

À LA MÉMOIRE

DES DÉFENSEURS

DU PONT DU VEURDRE

TUÉS LE 18 JUIN 1940

Capitaine Paul BASTIANI

Lieutenant Pierre LEGRIS

Caporal Maurice LE BOUIDEC

Soldat Georges BICHOT

Soldat Jean Louis HELLIO

Soldat René MALLARD

Soldat Henri MONESTIER

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