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ÉCHASSIÈRES: Monument de la Bosse, Camp Marceau
ÉCHASSIÈRES: Monument de la Bosse, Camp Marceau

ÉCHASSIÈRES: Monument de la Bosse, Camp Marceau

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ÉCHASSIÈRES: Monument de la Bosse, Camp Marceau : articles de presse juillet 1945

La Bosse, Monument Commémoratif 1939-1945,

Érigée en 1947 en mémoire de 4 valeureux résistants affreusement torturés

dans une maison proche par la Gestapo, en Juillet 1944,

et dont les corps ne furent retrouvés dans les bois qu’en Septembre 1944.


BLOCH Henri Paul Maxime
HOLOWSKA Anastasie Epouse CUPIAL
KACZMARECK François
SANTARELLI Pascal


Coupures de presse : journal Valmy des 23 et 24 juillet 1945,

par Guy SERGINES, ex Commissaire aux Effectifs F.T.P.F.

Il y a un an, le 23 juillet 1944,

les boches attaquaient en force à quelques kilomètres de Vichy

Le camp F.T.P.F « Marceau »

Par Guy SERGINES, ex-commissaire aux Effectifs F.T.P.F.

Il y a un an, le 23 juillet 1944, à 5 heures du matin, 1500 SS attaquaient dans la forêt des Colettes, le camp F.T.P.F. « Marceau ». 21 maquisards mouraient héroïquement sous les coups sauvages des brutes déchaînées.

Le Camp « Marceau » fut constitué le 7 juin 1944, le lendemain du débarquement allié au château de la Julia, entre Louroux de Bouble et Coutansouze. Le 10 juin, le camp se déplaça dans la forêt des Colettes, ou furent montées des toiles de tente et des baraques en bois. L’effectif, à l’origine de 45 volontaires, grossissait rapidement par des arrivées quotidiennes d’hommes en provenance de Vichy, de Cusset, de Treteau, de Saint Pourçain. Le ravitaillement était satisfaisant grâce à deux camions et à deux voitures légères. Par contre, l’armement n’était pas très important. Le camp n’avait à sa disposition qu’un faible matériel réceptionné par parachutages par les détachements sédentaires des environs. Ce n’est qu’un mois après sa formation, que « Marceau » put obtenir un fusil mitrailleur anglais avec 400 cartouches.

L’État major du camp était ainsi constitué : commissaire aux effectifs : capitaine « Acier », commissaire aux opérations : lieutenant « richard », commissaire technique : lieutenant « Félix » ; et j’ai le plaisir de noter que le commissaire au service B était « René », actuellement sous brigadier de police à Moulins et que l’agent de liaison, transportant chaque jour des valises pleines d’explosifs ou de munitions, était le sympathique Georges ILL dit « César », facteur moulinois.

DÉPLACEMENTS ET OPÉRATIONS

Le 14, des convois importants de boches en route pour la Normandie, empruntant les chemins de la forêt, celui de la Brosse (Bosse??), et leurs postes de sécurité encerclent le maquis. Non sans difficultés, mais sans perte toutefois, l’effectif total se dégage, emportant sans bruit tout le matériel, et « Marceau » se reforme dans la forêt de Giverzat.

Le 12 juin, une équipe fait dérailler un train sous le tunnel de Louroux de Bouble, qui reste obstrué 15 jours. Le 3 juillet, le camp doit encore se déplacer, ayant été repéré par la feldgendarmerie de Fleuriel. Giverzat est abandonné pour la forêt de Lalizolles.

Le 6 juillet, un train est précipité et déraillé sous le tunnel de Bellenaves. Un deuxième convoi est arrêté en pleine gare et sans perte, 8 SS sont faits prisonniers. Après quoi le train est envoyé sur le premier et le tunnel est obstrué pour 3 semaines.

(A suivre)

(Suite)

A cette date l’effectif du maquis est de 76. Les opérations s’effectuent conjointement avec les volontaires des détachements sédentaires des environs.

LA BATAILLE

Le 23 juillet, à 5 heures du matin, 1500 SS attaquent le camp « Marceau ». Les quatre sentinelles surprises sont baillonnées, et soudain une rafale de minen s’abat sur les cuisines. De 5 h à 19 h, la bataille fait rage. En bon ordre « Marceau » décroche et se replie par une trouée sur le village de Veauce, mais est obligé d’abandonner le matériel lourd, soit 4 camions et 3 voitures légères.

Les boches se portent alors sur le camp F.T.P.F. « Chauvet », averti à temps, près du château du Chatelard, dans la région de Chouvigny.

Le 23 juillet « Marceau » se reforme à Chezelle, près de Chantelle, mais déplore la mort de 21 camarades. 18 avaient été tués au cours de la bataille et 3 horriblement massacrés à Gannat à la suite d’une dénonciation : Brunot (Bruneau), Chambonnet et Martin. Un quatrième « Giriex » fait prisonnier, fut déporté par la suite. A l’heure ou j’écris, nous n’avons de lui aucune nouvelle. Les 18 cadavres des Colettes devaient être retrouvés, brûlés à l’aide de plaquettes incendiaires, dans une voiture à bestiaux ou les boches les avaient jetés.

RÉINSTALLATION DU CAMP

Le camp s’installe le 29 juillet au lieu dit « les Maîtres », près de la ferme Dumont, à Fleuriel. Ceux qui ont vécu à « Marceau » se souviennent avec émotion des paysans qui les ravitaillaient, qui participèrent à leurs expéditions et se conduisirent en patriotes courageux et désintéressés. Je citerai parmi eux les familles Dumont des Maîtres, Laplanche et Ferrandon des Allot, tous les habitants du hameau de Barbignat. En commun, ces paysans ont nourri tout le temps gratuitement pendant une douzaine de jours. Il fallait que cela soit dit.

Mais l’équipement et les armes arrivent. Le 14 août, en effet, huit jeunes de « Marceau » partent en camionnette dans la Creuse, à Evaux les Bains, et repartent du camp F.T.P.F. Timbaud, une assez grande quantité de matériel : carabines américaines, mitraillettes, habillement, etc ainsi que deux voitures légères. En passant à Montluçon, aux usines Saint Jacques, un camion et 9 pipes d’essence sont réquisitionnés. Le retour s’effectue sans dommage le 19 août.

L’OFFENSIVE

Solidement équipé, le camp passe à l’offensive. Jour et nuit les convois allemands en déroute sont attaqués suivant les principes de la guérilla : à Bayet, ou malheureusement un brave petit de 19 ans : Georges BILLY est coupé en deux par le tir d’une automitrailleuse, à Chantelle, à Saint Pourçain … l’effectif du camp augmente sans cesse. Au 22 août, il est de 400. Tous sont armés grâce à la prise du magasin de police de Gannat ; les troupes sont rapidement déplacées ; le ravitaillement s’effectue aisément, grâce à la découverte de deux camions tout terrain, camouflés par les boches dans un château, et à la capture de 18 000 litres d’essence dans un dépôt allemands à Marcenat.

« Marceau » libère Chantelle et Saint Pourçain, attaque des convois jusqu’à Jaligny, envoie des volontaires à la colonne 6 Rapide qui harcèle l’ennemi jusqu’à Dijon et par la suite forme la base du 121e RI (*) reconstitué.

L’histoire héroïque du camp « Marceau » doit passer à la postérité comme le symbole du patriotisme bourbonnais.

Journal VALMY des 23 et 24 juillet 1945 – Achives Départementales de l’Allier

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