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DOMPIERRE-SUR-BESBRE: Plaque commémorative à Joseph NOVELLINI, Stèle commémorative Louis BARON, Ce qui s’est passé en août 1944 …
DOMPIERRE-SUR-BESBRE: Plaque commémorative à Joseph NOVELLINI, Stèle commémorative Louis BARON, Ce qui s’est passé en août 1944 …

DOMPIERRE-SUR-BESBRE: Plaque commémorative à Joseph NOVELLINI, Stèle commémorative Louis BARON, Ce qui s’est passé en août 1944 …

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DOMPIERRE-SUR-BESBRE:

Plaque commémorative à

Joseph NOVELLINI

Fusillé le 6 septembre 1944 à Dompierre-sur-Besbre (Allier)

Militaire au sein des Gardes Républicains

Résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).


Stèle commémorative

Louis BARON

Fusillé par les allemands

le

3 septembre 1944

IMPORTANT: Cette stèle est situé sur l’emprise SNCF. Il est donc interdit d’y accéder sans autorisation.


Journal VALMY des 3 et 4 septembre 1945

L’article ci-dessous fait référence aux deux victimes: Joseph NOVELLINI et Louis BARON

(en fin de première partie)

DOMPIERRE SUR BESBRE

IL Y A UN AN


Journal VALMY des 29, 30 et 31 août 1945

Envoyé spécial Guy SERGINES

Un aspect de la Résistance à Dompierre

DES PARACHUTAGES AUX SABOTAGES

Tout le monde sait à Dompierre que si cette charmante commune offrit à l’occupant une jolie collection de collaborateurs dévoués, elle eut par contre une Résistance ancienne et tenace qui causa bien des soucis à leurs amis et maîtres hitlériens. Mais ce que l’on sait moins, c’est sous quelle forme s’exerça cette résistance, et comment elle contribua utilement pour sa part à l’action libératrice contre l’envahisseur.

C’est sous la forme de sabotage des voies de communication, que l’expérience devait prouver être une des manières les plus efficaces d’attaquer l’ennemi, dans une région de voies de communications importantes comme celle de Dompierre, que cette action se manifesta surtout.

Mais pour saboter, il fallait du matériel, des explosifs, et aussi des armes pour équiper les saboteurs. Comment s’en procurer ? La difficulté fut grande souvent pour les milliers de Francs-tireurs et partisans qui opérèrent à travers la France. Les Résistants de Dompierre eurent la chance d’en recevoir directement par parachutage.

En effet, dès novembre 1942, le chef de la Résistance de la région, le Dr Cluzel, devenu plus tard médecin-chef départemental des F.T.P.F., sous le nom de Ubu, put se mettre en rapport avec les dirigeants de l’A.S. de Nevers par l’intermédiaire du regretté H. Talpin, qui organisait de son côté la résistance à Beaulon avec le docteur Guillaumin. Par la même filière, il put contacter un responsable du B.O.A. (bureau des opérations aériennes) et deux terrains de parachutage furent établis à Dompierre et agréés par Londres dès mars 1943. Il fallut néanmoins attendre jusqu’au mois de mai les parachutages prévus.

D’une façon générale tout se passa bien, mais il y eu cependant quelques incidents qui auraient pu coûter cher à l’équipe de parachutage.

UN DÉBUT DIFFICILE

C’est ainsi que pour leur début, la nuit du 12 au 13 mai 1943, nos novices parachuteurs virent avec stupeur leurs dix parachutes lâchés à un kilomètre du balisage et, au lieu de tomber sur le terrain, dans la grande prairie du Cul-de-Besbre, s’abattre dans un champ du domaine des Poncets où de nombreuses personnes de Dompierre faisaient à moitié des betteraves, choux raves, haricots, etc … Un joli travail après trois heures de [illisible]. Qu’en pensèrent le lendemain les cultivateurs ? On ne [illisible] n’en dirent rien.

Il fut bien entendu impossible de transporter les containers jusqu’au sable de la Besbre pour les y enterrer comme il avait été prévu et il fallut les porter et les cacher à proximité, dans un petit taillis d’acacias en bordure du chemin. Les onze camarades de l’équipe se souviennent encore de la suée qu’ils prirent en transportant à travers les haies les dix containers. Chacun pesait 150 kilos et il fallait se hâter car le jour approchait. Mathieu n’a encore pas digéré le lumbago qui le tint raide comme un manche à balai pendant 15 jours. (à suivre)

(Suite)

La nuit suivante, il fallut retourner chercher le matériel, ce qui n’était pas très rassurant, car l’opération s’était effectuée entre le poste d’observation des Gaillards et celui de Mont et avait probablement été repérée par les boches. Et l’armement de l’équipe, à l’époque, était maigre : deux petits 6.35 et le 9 mm du docteur (qui, détail amusant, lui avait été donné par un officier de marine allemande, déserteur, commandant d’un sous-marin, à qui il avait fait passer la ligne de démarcation au printemps 1942). Heureusement, on put avoir deux voitures à bestiaux, celle du père Landry, des Vernes, qui n’hésita pas malgré son âge à faire ce travail d’un nouveau genre, et celle des Chevagnes. Et, à la fin de la nuit, deux voitures lourdement chargées, mais bien escortées, amenaient 1.500 kg de matériel aux Chevagnes. « En voilà qui vont pas tard à la foire », se disaient les gens dans leur lit en entendant les chiens aboyer au passage.

LES NUITS MOUVEMENTÉES

Au mois de juillet non plus, ça n’alla pas tout seul, lorsque « Gertrude achetait du brochet » et que « Toto eut embrassé sa maman » (c’étaient les messages d’opération du mois).

C’était dans la nuit du 17, jour de la pleine lune, encore une veille de foire à Dompierre, à croire qu’à Londres on le faisait exprès ! Lorsque le gros Lancaster eut lâché son chargement (bien tombé, cette fois, en plein sur le balisage), un second avion apparut sur le terrain. Comme on n’avait compté que 9 parachutes au lieu des 10 prévus, le chef, pensant que le deuxième avion amenait le complément, il fut rallumer le balisage et lui-même refit son signal de morse.

Surprise de l’équipe, en voyant le quadrimoteurs, après avoir effectué ses trois ou quatre tours traditionnels au-dessus de Dompierre (une demi-heure de vacarme à eux deux), lâcher à son tour huit parachutes, qui tombaient en plein sur le troupeau de vaches de Reverdy et sur son taureau, qui n’avait pas l’air de trouver ça à son goût et commençait à gratter sérieusement du pied.

On parvint tout de même à le calmer par la douceur mais restaient à amener dix-sept containers au lieu des dix prévus, pour lesquels attendaient seulement deux voitures à bestiaux ! On essaya tout de même, mais on ne réussit qu’à casser à moitié une roue. Si bien qu’il fallut encore une fois laisser sur place une bonne partie du matériel. On cacha simplement les cylindres dans un champ de topines voisin. Le reste fut emmené, mais les voitures étaient si chargées qu’on aurait dit un déménagement. Une étrange St-Martin nocturne !…

(à suivre)

(suite et fin)

La nuit suivante, on ne s’y fiait pas trop, pour retourner chercher le reste. L’énorme ronflement des deux avions avait alerté toute la population du coin, le clair de lune magnifique avait laissé voir la descente des parachutes, et le matin à la foire on discutait ferme des évènements de la nuit. Il y en avait même un qui assurait le plus sérieusement du monde avoir vu un parachutiste gonfler son parachute avec une pompe à vélo !!! Ca commençait à sentir mauvais !…

Le « Ministre » avait vent de l’affaire. Gare à la Gestapo ! Mais pour éviter qu’elle n’y mette le nez, le mieux était d’opérer rapidement, bien armés cette fois, et la nuit suivante deux autres voitures à bestiaux reprenaient le chemin du Port de St-Aubin et ramenaient un nouveau chargement aux Chevagnes.

On eut par la suite l’explication de ce mystérieux parachutage supplémentaire. La même nuit avait lieu un autre parachutage sur le terrain « Le Thon » de Beaulon, et un troisième était annoncé sur « le Hareng » de Beaulon également. Le message d’opération du hareng fut déformé au cours de la transmission, si bien que les gars de Beaulon ne le reconnurent pas et n’allèrent qu’à la réception du « Thon ». L’avion destiné au Hareng vint néanmoins et, à la recherche de son terrain, alla jusqu’au terrain du « Brochet » au Cul-de-Besbre. Voyant un balisage s’y allumer, il lâcha tout à l’équipe de Dompierre éberluée … et faillit ainsi lui attirer bien des désagréments.

Mais s’il y eut du travail supplémentaire et quelques émotions, la prise était bonne et chacun se réjouit de l’aubaine …

A la suite de cette dernière opération, il y eut chez les frères Roux une centaine de bidons d’armes et d’explosifs entreposés dans les greniers, dans les quatre à cinq mille kilos. Peu après, d’ailleurs, la Gestapo, semblant décidément vouloir faire parler d’elle dans le coin, il fallut encore passer une nuit à les déménager et à les enterrer dans un champ.

L’OFFENSIVE DE LA GESTAPO

Quelques jours plus tard, c’était la grande offensive de la Gestapo, les arrestations de Beaulon, qui devaient amener l’assassinat (à propos, que sont devenus les dénonciateurs ?) des quatre patriotes Talpin, Peigue, Buissonnière et Vignole. Les chefs des organisations de Dompierre et Beaulon échappèrent de justesse à l’arrestation et passèrent dans la clandestinité. A Dompierre, Malleret, chef-adjoint, ignoré jusque là des autres camarades pour ses raisons de sécurité, assura la direction de l’organisation pendant les absences du responsable avec qui il restait d’ailleurs en liaison.

Au début d’août, un parachutage pour le terrain « l’Alose », de Dompierre, ne put avoir lieu, les boches surveillant le coin, mais put être capté sur le « Hareng », par nuit noire, grâce à un émetteur spécial « Euréka », parachuté quelques temps auparavant. Puis les opérations s’arrêtèrent, tout contact étant rompu avec le B.O.A.

Voilà la contribution de la Résistance de Dompierre à la lutte destructive des partisans contre les voies de communications de l’ennemi. Certes, la lutte fut dure, et nos camarades ont perdu dix des leurs dans des circonstances diverses, depuis le début de leur organisation jusqu’à la libération. Mais ces sacrifices n’ont pas été vains, puisqu’ils ont ainsi pu participer efficacement à cette bataille qui, de l’avis même des chefs militaires alliés, a permit par sa généralisation dans toute la France et la désorganisation des communications ennemies qui s’en est suivi, le succès du débarquement et la libération du territoire national.

Ils ont ainsi montré, par cette résistance active et dangereuse qu’ils ont mené dès 1942 que, même aux plus beaux temps de l’oppression et du triomphe nazi, il était encore des français qui ne désespéraient pas et savaient risquer leur vie pour leur Patrie et leur Liberté – et même pour celle des autres.

Oui, il y a à Dompierre des collaborateurs, et quelques traîtres, qui n’ont d’ailleurs pas tous été châtiés, courageux qui, aux yeux du monde, ont sauvé l’honneur de la France !

Archives Départementales de l’Allier
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